Nancy Memories

Partons d’une histoire vraie.

À l’entrée de la maison nous accueille un piano désaccordé sur lequel a joué il y a plus de trente ans Allen Toussaint. Des crevettes poivrées au beurre sortent tout juste du four, Nancy s’installe à table et commence à nous narrer les anecdotes de son passé à la Nouvelle-Orléans :

« J’étais toute gamine, une dizaine d’années peut-être moins. Cette nuit-là, ma mère nous réveilla furibonde, mes sœurs et moi : « Debout les filles ! Allons chercher votre père, sûrement dans un bar, saoul comme un cochon. » Pas le temps de se changer, on monta direct dans la voiture, nos oursons en peluche sous le bras. On arriva alors sur Bourbon Street, dans le French Quarter. De ma fenêtre, je voyais cette foule informe d’illuminés bariolés nous entourer. A l’époque, les voitures pouvaient encore y circuler librement. Et s’il n’y avait pas autant de touristes que maintenant, les trottoirs n’en étaient pas moins bondés de passants joyeusement titubants. À chaque croisement, déjà, la musique jaillissait sans trêve dans une ambiance de fête mémorable. C’est là que j’ai entendu mes premiers beats de jazz. Dans la fureur et la fièvre, des types torchés aux allures de vieilles canailles jouaient comme des dieux. Les clubs se livraient une bataille acharnée pour accueillir en leur sein les plus balèzes d’entre eux. Plantée là au milieu de cette rue, je ne voulais plus dormir ; je trouvais que mon père avait de la chance d’être là. »

Napo & Kant avec la collaboration de Nancy.

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