D’un Neel à l’autre, rencontre avec un Dj Psyché

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Première nuit à Frisco, la bière passe mal. Y’a un peu plus d’une heure, à quelques blocs de là, on venait de débourser plus de 70 dollars chacun pour une nuit d’hostel. Trouver un couchsurfing pour trois dans Fog City un week-end de pleine saison estivale, c’était comme entamer un trek de six heures dans le Yosemite avec pour seul repas un paquet de Pringle’s… une idée complètement pétée.

Je venais de m’engueuler sec avec Mathieu – pour une fois que ce n’était pas avec Napo. Quelques minutes plus tôt, on était rentrés dans ce bar un peu par hasard. Attirés par le large choix de draft beers et l’ambiance assurée par le DJ un peu destroy au milieu de l’estrade, tendus et sans se dire un mot, on s’est posés au comptoir. Il n’était pas question de se laisse pourrir.

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Derrière nous, des images confondues de films et de clips français des années 70 défilaient sur le mur. Je me suis rapproché du DJ sous les faisceaux de lumières pourpres, jetant un œil dans sa box à vinyles. Puis, j’attendis patiemment ; je faisais mine de vagabonder d’une table à l’autre. Une fois le set terminé, il est allé se commander un rhum. J’en ai profité pour l’harponner avec ceci :

« Vraiment cool ! C’était bien Gainsbourg que j’ai reconnu derrière toi ? – Ouais, entre autres. J’ai fini le montage y’a deux semaines. »

De près, je distinguais mieux le personnage : des lunettes d’aviateur aux carreaux fumés, un chemisier de soie rose aux petits motifs floraux imprimés, sur chaque doigt ou presque une bague à gros cailloux, et un chapeau à plume façon Jimi Hendrix. Heureuse sérendipité : j’avais déjà oublié ma prise de bec.

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Le lendemain, Neel nous invitait à le rejoindre chez lui, sur Lower Haight. Plus discret et nonchalant que son voisin Ashbury, avec son trop plein de boutiques pour hippies mongoliens, le quartier était dans les années soixante l’épicentre de la révolution contre-culturelle qui secoua la société américaine jusque dans ses tréfonds. On se retrouvait à manger libanais sur la terrasse d’un coffee shop. Sur la table d’à côté, un black en costume rayé proposait de l’herbe à un touriste australien. L’air amusé par le look psyché de Neal, il vint ensuite taper la discussion. Theodore Love, se faisait-il appeler. Un type important si on l’écoutait. Dans les seventies, il nous racontait avoir pris du crack avec un des gars des Village People [plus hallucinant encore que cette révélation, la confession de Neal qui suivra le départ de Theodore : ce même type des Village People avait aussi violé son cousin].

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Une fois nos pitas terminées, le DJ nous fit découvrir son quartier, en commençant par son disquaire favori. A cinq minutes de marche du coffee shop, nous sommes entrés dans une petite boutique au fronton sans grande prétention, Groove Merchant Records. Comprenant qu’il avait à faire à un trio de frenchies, le vendeur se mit à trifouiller les bacs ; et à nous sortir un album de Johnny (oui vous m’avez bien lu, JOHNNY !)

IMG_20150909_120412Et puis, on a quand même fini par aller chez Neal. Et là, je crois que le mieux c’est encore de regarder les photos. Vous ne nous croiriez pas sinon.
IMG_20150910_122206IMG_20150910_122250IMG_20150909_120733IMG_20150909_120943DSCF7324IMG_20150922_010926IMG_20150910_122411

Texte et photos : Napo & Kant

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