Digressions à Saint-Louis (partie 2)

Ce texte fait suite à un article précédemment publié qui m’était venu dans un bus alors même que nous quittions le Missouri pour le sud, direction le Tennessee.

Les jours suivants, nous les passions chez Bryan et Ryan, une coloc’ de trentenaires à la cool. Ces deux compères que la providence avait placés sur notre route étaient, pour ainsi dire, très différents l’un de l’autre.

Le premier, un garçonnet geek au regard mélancolique, gagnait sa croûte en développant des sites web. Allez savoir pourquoi, j’avais surtout retenu que c’était un passionné de musique expérimentale – ça ne s’invente pas – et qu’en plus de son air de ne pas y toucher, il éditait un fanzine appelé Close To Home [t’imagines nos têtes quand on a appris ça]. Le second, un grand dude redneck, gesticulateur infini, le genre à aimer la pêche à la ligne en poussant le délire compulsif jusqu’à collectionner toutes sortes d’objets en forme de poisson [et j’exagère à peine], avait décroché quelques mois plus tôt un poste de biologiste, dans l’une des universités de la ville. Et comme pour Bryan, ma mémoire sélective se souvient surtout aujourd’hui de Ryan pour deux choses : nous avoir appris à jongler avec trois balles en même temps et nous avoir joué l’air de Deliverance au banjo [parce qu’un mec qui joue du banjo, c’est définitivement cool].

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