New Orleans City Jazz

La Nouvelle-Orléans célèbre avec exubérance la période comprise entre Noël et le Nouvel An. Processions aux flambeaux, feux d’artifices, rien n’y manque. [La coutume veut aussi qu’à cette époque de l’année, on fasse le plus de bruit possible ; non qu’il soit permis de tirer dans les rues, mais tout le monde le fait. Lorsqu’on se fait pincer, eh bien, on s’explique avec le juge.] Durant ces quelques jours, on avait coutume de tirer des coups de pistolets, de revolvers ou de pétoires. Il va de soi qu’officiellement, les armes étaient interdites, chaque fêtard surveillait la police du coin de l’oeil pour éviter de se faire pincer une arme à la main. C’est très précisément ce qui m’arriva et qui, au bout du compte, me conduisit à apprendre à jouer de la trompette.

Louis Armstrong, Ma vie, Ma Nouvelle Orléans, 1952

Ce jour où Julio est arrivé à Seattle

On avait décidé de réaliser l’interview dans le meilleur kebab de Thionville. C’était un dimanche midi. Au travers des tribulations de sa mémoire, je cherchais là l’occasion d’un récit de voyage vertigineux, bourré de détails excessifs, la confession d’un meilleur ami. J’avais mené le même genre d’entretien viscéral avec son père la semaine précédente et j’attendais maintenant du fils qu’il me relate ses six mois à Seattle. Autour de nous pour seules témoins, il y avait ces deux petites vieilles en vestes à imprimé léopard ; le serveur nous apporta le Coca, la discussion pouvait commencer.

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